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Nenuphar Media
Comment le DMA (Règlement UE 2022/1925) et la désignation de Google comme contrôleur d’accès transforment la valeur des données de recherche des éditeurs et la valorisation des sites médias en M&A digital.

DMA Google données recherche éditeurs : un nouveau rapport de force sur le marché

La loi sur les marchés numériques redéfinit le rapport entre Google et les éditeurs, en plaçant les DMA Google données recherche éditeurs au cœur des négociations de cession de sites. Le Règlement (UE) 2022/1925 sur les marchés numériques (Digital Markets Act) impose aux contrôleurs d’accès de donner aux entreprises utilisatrices un accès gratuit, en temps quasi réel et continu aux données de performance générées par leurs activités, ce qui inclut des informations de classement, de requêtes, de clics et de vues de manière anonymisée. Cette obligation, précisée notamment à l’article 6 du DMA, transforme la valeur stratégique des données de recherche pour tout actif éditorial mis en vente. Pour un consultant M&A digital, ces nouvelles règles sur les données de performance des éditeurs modifient directement la perception du risque de dépendance à un seul moteur de recherche.

Google a été désigné comme « contrôleur d’accès » (gatekeeper) par la Commission européenne dans le cadre de l’application du Règlement (UE) 2022/1925, ce qui l’oblige à adapter ses services numériques et ses pratiques de référencement sur le marché des médias. La Commission a ouvert plusieurs enquêtes pour vérifier si Google Search respecte des conditions d’accès équitables, raisonnables et non discriminatoires aux sites des éditeurs, en particulier lorsque ses propres services Google sont associés à des offres comme Google Shopping dans les résultats de recherche. Dans ce contexte, chaque audit de site en vente doit désormais intégrer l’analyse des pratiques de concurrence, des risques d’amende et de l’impact potentiel d’un règlement des marchés numériques sur le trafic organique.

Pour les acquéreurs, la question n’est plus seulement le multiple sur les revenus, mais la qualité des données services issues du moteur de recherche dominant. Les données de recherche Google, historiquement concentrées dans Google Search et les autres Google services, deviennent un actif encadré par la régulation, susceptible d’être partagé avec des tiers, y compris des chatbots IA dotés de fonctionnalités de recherche. Le cadre instauré par le DMA sur les données de recherche des éditeurs crée ainsi un nouvel espace de négociation, où l’acheteur peut valoriser la résilience d’un site face aux futures décisions de la Commission européenne sur les marchés numériques.

Partage des données et diversification du trafic : ce qui va changer pour la valorisation

Les lignes directrices et projets de mise en conformité publiés par la Commission européenne obligent Google à ouvrir une partie de ses données de recherche à des moteurs alternatifs et à des services de recherche intégrés dans des assistants ou des chatbots IA. Pour un site en vente, cela signifie que les données de clics, de requêtes et de résultats de recherche issues du moteur de recherche Google pourront, en théorie, être croisées avec d’autres sources, ce qui renforce la transparence des performances SEO dans un dossier de due diligence. La logique du Digital Markets Act est claire : limiter les pratiques de verrouillage du marché numérique et associer les services Google à des conditions d’accès non discriminatoires pour les éditeurs.

Pour un consultant M&A digital, cette ouverture des données services change la façon de lire un P&L et un tableau de trafic avant une acquisition. Si les données Google sont partagées avec des tiers, les marchés numériques pourraient voir émerger de nouveaux intermédiaires d’analytics, capables de reconstituer l’historique de performance d’un site au-delà de Google Search et des seuls services Google. Dans ce scénario, la valorisation d’un média ne repose plus uniquement sur la dépendance à un acteur unique, mais sur sa capacité à associer ses services éditoriaux à plusieurs canaux de recherche et à plusieurs moteurs de recherche.

Les éditeurs qui préparent une vente doivent donc anticiper un paysage où la concurrence sur le trafic organique sera plus ouverte, mais aussi plus mesurée et plus auditable. Les consultations publiques organisées par la Commission européenne sur l’application du DMA structurent un calendrier que tout vendeur sérieux doit intégrer dans son mémorandum d’information, au même titre que les risques d’amende record ou d’amende en millions d’euros pour pratiques anticoncurrentielles. Pour approfondir l’impact de cette maturité du marché des médias digitaux sur les multiples de valorisation, un article détaillé sur le marché du média digital arrivé à maturité montre comment les acquéreurs réévaluent déjà les actifs en fonction de la régulation européenne.

Régulation, risques d’amende et stratégie de sortie : un nouveau cadre pour les acquéreurs

Le DMA vise à garantir des marchés numériques équitables et ouverts en imposant aux entreprises désignées comme "contrôleurs d'accès" des obligations spécifiques, notamment en matière de partage de données et de conditions d'accès aux plateformes. Pour les transactions de vente de sites, cette phrase n’est plus un simple rappel juridique, mais un élément central du dossier d’investissement, car elle encadre directement les relations entre Google, les éditeurs et la Commission européenne. La question pour un acquéreur n’est pas théorique : un site trop dépendant de Google Search ou de Google Shopping peut voir sa valorisation ajustée si un risque de sanction ou de modification des résultats de recherche pèse sur son trafic.

Les précédents de Google condamné à une amende record de 2,42 milliards d’euros dans l’affaire Google Shopping (2017), à 4,34 milliards d’euros dans le dossier Android (2018) ou encore à 1,49 milliard d’euros pour abus dans la publicité en ligne (2019) rappellent que la régulation européenne n’est pas symbolique. Chaque nouvelle enquête de la Commission européenne sur les pratiques de référencement, y compris la possible rétrogradation de contenus d’éditeurs dans les résultats de recherche, peut affecter le marché des cessions de médias, en particulier dans l’Union européenne. Dans ce contexte, les consultants M&A doivent associer services d’audit SEO, analyse des données de recherche et revue des risques réglementaires pour présenter une image fidèle de la performance future d’un actif.

Pour les vendeurs comme pour les acheteurs, le DMA Google données recherche éditeurs devient un cadre de référence pour structurer les clauses de garantie de passif liées au trafic organique. Les discussions sur le prix intègrent désormais la possibilité que les données Google soient partagées plus largement, ce qui pourrait réduire l’avantage compétitif d’un site très optimisé pour un seul moteur de recherche, mais aussi ouvrir de nouvelles sources de trafic via d’autres services numériques. Dans un marché où les montants se chiffrent en millions d’euros, voire en centaines de millions, la capacité à lire correctement ce nouveau règlement des marchés numériques fait la différence entre un multiple surpayé et une acquisition réellement défensive.

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